Multidisciplinaire et plutôt éclatée, Autour de l’abstraction propose un corpus resserré de huit oeuvres. L’exposition suppose d’emblée que rien n’est finalement vraiment ce qu’il semble être à première vue ; et que dans le peu et la rareté réside pourtant une possible abondance de sens.

L’espace ambiant devient celui-là même de la peinture pure et construite avec Christian Kiopini, ou encore celui, hybride, d’un environnement faussement domestique avec Franz West. Les éléments sculpturaux aux allures mystérieuses et organiques de Anish Kapoor, ceux bricolés et enjoués de Franz West, et celui, unique, sphérique et totalement énigmatique de Martha Townsend propulsent l’identité de la sculpture dans une atmosphère conceptuelle. Les monochromes photographiques de Vik Muniz brouillent la lisibilité des médias imprimés en les parcellisant page après page dans une luxuriance contrôlée. Kelly Mark dévoile et occulte à la fois, dans la lumière incandescente d’images apparemment vidées de leur contenu, le caractère anodin et troublant de films porno.

L’exposition Autour de l’abstraction entretient des liens étroits avec le parcours chronologique et thématique de la Collection déployé dans les deux grandes salles adjacentes. Celui-ci, intitulé La Question de l’abstraction, réunit une centaine d’oeuvres réalisées entre 1940 et 2010 par une soixantaine d’artistes ; il met en lumière, dans une perspective historique, un ensemble de propositions principalement picturales et sculpturales reliées à la quête et à l’expression de l’abstraction. Ce vaste panorama privilégie le volet québécois de la Collection ; il est installé en permanence pour les quatre prochaines années.