Jonathas de Andrade élabore une oeuvre singulière par le biais de recherches et investigations. 4 000 Disparos a été conçue dans le cadre du projet Documento Latinamerica – Condução à Deriva (Conduite à la dérive – Document Amérique latine), pour lequel De Andrade a voyagé à travers l’Uruguay, l’Argentine, le Chili, la Bolivie, le Pérou et la Colombie, dans un périple de reconnaissance territoriale d’une Amérique latine dont, dit-il, il fait partie sans y appartenir, en raison de la langue, mais aussi, selon ses propres termes, « en raison de la déconnexion politico/historique de ma génération avec son passé », un sentiment d’amnésie historique qu’il a voulu interpeller.

Tourné dans les rues de Buenos Aires où Jonathas de Andrade a capté, de façon aléatoire, des milliers de visages d’inconnus, 4 000 Disparos fait ressurgir l’angoisse des années de dictature. Par le choix de travailler en film Super 8 noir et blanc, les images apparaissent telle une somme de photos d’archives et situent l’oeuvre dans un espace ambigu entre la fiction et le document, ambiguïté attisée par le défilement rapide des visages et le glissement de sens entre le titre portugais 4 000 Disparos et le titre anglais 4 000 Shots.

Né en 1982 à Maceió, Jonathas de Andrade vit et travaille à Recife, une ville côtière du Nord-Est du Brésil. Son travail a déjà été présenté dans plusieurs expositions collectives : soulignons sa participation à la 7e Biennale de Mercosul, à Porto Alegre, en 2009 ; à la 29e Biennale de São Paulo, en 2010 ; à la 12e Biennale d’Istanbul, en 2011 ; à l’exposition The Ungovernables, la seconde triennale du New Museum, à New York, en 2012 ; et plus récemment à l’exposition des 20 artistes sélectionnés parmi les quelque 4 000 candidats pour le Future Generation Art Prize 2012 créé par la Victor Pinchuk Foundation.