« Le don crée un lien social et une obligation, chez le récipiendaire, de donner en retour. » C’est en ces termes que John Zeppetelli, directeur et conservateur en chef du MAC, présente La Beauté du geste, exposition qui célébrera en juin prochain le 50e anniversaire de la première institution au Canada entièrement vouée à l’art contemporain. C’est grâce à l’initiative et au geste généreux d’une quarantaine d’artistes, de dix collectionneurs, de trois galeries et d’une fondation que le MAC voit le jour en 1964. Ce don initial d’une centaine d’œuvres a merveilleusement profité puisque la Collection du MAC compte aujourd’hui 3500 œuvres (sur un total de 7800 répertoriées) qui ont été gracieusement offertes par plus de 800 donateurs. Un tour de force pour une Collection aujourd’hui considérée comme un patrimoine national d’une valeur inestimable!

Pour bien marquer ce temps fort dans l’histoire du MAC et son parcours, l’exposition souligne justement et doublement deux beaux gestes : celui de la donation et celui de la création. Si le MAC propose régulièrement des œuvres ayant fait l’objet de dons dans les expositions de sa Collection, La Beauté du geste se démarque en réunissant quelque 200 œuvres qui, toutes, sont des dons reçus au fil de ses 50 ans d’existence. L’événement résolument multidisciplinaire vise à mettre en lumière les nombreux liens qui existent entre sa sélection et les grands mouvements qui ont traversé l’art au cours des récentes décennies. Le public pourra découvrir ou revoir avec bonheur des œuvres créées par des artistes issus de toutes les disciplines, générations et origines. Dans cinq salles, dans le Jardin de sculpture et sur le toit se côtoient, pour n’en nommer que quelques-uns, les travaux de Charles Daudelin, Paul-Émile Borduas, Alfred Pellan, Jean-Paul Riopelle; de David Altmejd, Nicolas Baier, Geneviève Cadieux, Pierre Dorion, Betty Goodwin, Pascal Grandmaison, Kent Monkman, Irene F. Whittome; de Louise Bourgeois, Anselm Kiefer, Nam June Paik, Giuseppe Penone, Antoni Tàpies.

Le public, lui aussi toutes générations confondues, est invité à lire l’histoire de son Musée d’art contemporain au fil d’œuvres majeures léguées par des visionnaires et appartenant aujourd’hui à son patrimoine. Comme l’écrit aussi encore John Zeppetelli, « la réciprocité favorise une meilleure manière de vivre ».