À l’occasion de la 2e édition de la BIAN, le Musée d’art contemporain est heureux de présenter C4I, une œuvre de Ryoji Ikeda, l’une des grandes figures de la musique électronique minimaliste. 

La pratique de Ryoji Ikeda est centrée sur la rationalité, la simplicité et la minutie des ultra-sons, des fréquences et des caractéristiques intrinsèques du son. Grand maître des sonorités minimalistes, Ryoji Ikeda manipule le son dans ses limites. Chez lui, le sublime est infini, et l’enchevêtrement de sensations de ses compositions visuelles et sonores évoquent un monde immense, insaisissable et d’une touchante élégance.

Ryoji Ikeda est l’une des figures majeures de la musique électronique minimaliste. Né en 1966 à Gifu au Japon, il vit et travaille actuellement à Paris. Membre du collectif d’artistes multidisciplinaires Dumb Type, Ikeda s’est fait remarqué sur la scène electronica au milieu des années 1990 avec ses enregistrements, concerts et installations. En 2001, son œuvre matrix lui mérite le Golden Nica du festival Ars Electronica, de Linz, en Autriche. Il a été sélectionné pour le prix Worldwide Technology en 2003 et 2010. Il collabore régulièrement avec Carsten Nicolai sur le projet cyclo, avec le chorégraphe William Forsythe du Ballet de Francfort, l’artiste Hiroshi Sugimoto et l’architecte Toyo Ito. En 2009, le Musée d’art contemporain de Tokyo présente sa première grande exposition en solo. En 2011, Park Avenue Armory lui commande Test Pattern. En 2012, à l’initiative de John Zeppetelli, DHC/ART Fondation pour l’art contemporain lui offre sa première exposition monographique nord-américaine. En 2014, il est à nouveau lauréat du prestigieux prix Ars Electronica.

La pièce C4I utilise les données informatiques ou « data » comme thème et matière première en soulignant comment elles façonnent notre compréhension du monde. Les images vidéo de paysages sont progressivement abstraites en un langage numérique, alors que faits, figures et diagrammes composent un montage d’un impact graphique éblouissant. Des extraits de textes ponctuent l’image projetée. Brouillant la démarcation entre nature, science et philosophie, la pièce C4I opère une convergence de la réalité et du virtuel. La trame sonore parfaitement synchronisée avec les graphiques et les images vidéo crée une œuvre puissante d’une indéniable beauté. Dans cette pièce hautement atmosphérique, Ikeda tend vers une esthétique purement numérique. Dérivé d’un monde naturel et de systèmes mondiaux comme l’économie et la recherche en mathémathiques, les « data » posent les nouveaux fondements de son exploration artistique. C4I, par sa composition méticuleuse et sa technique sophistiquée, présente des moments de réalité sublime.