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du 9 octobre 2009 au 3 janvier 2010
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Francine Savard
Francine Savard, Les Couleurs de Cézanne dans les mots de Rilke 36/100 - Essai, 1997 - 1998. Photo : Richard-Max Tremblay
Francine Savard, Le Dépôt de peinture, 2000. Photo : Avec l’aimable permission de l’artiste
L’exposition constitue une rétrospective de mi-carrière de l’artiste et propose une soixantaine d’œuvres réalisées entre 1992 et 2009. On y redécouvre notamment Promenade en 56 tableaux, de 1993, qui introduisait la notion de cartographie qui marquera l’ensemble de son œuvre. Dans ce premier cas, c’est un plan destiné au tourisme d’art dans le quartier parisien du Marais qui sert de point de départ. Dans Le Dépôt de peinture, 2000, un tableau inspiré par un résidu trouvé au fond d’un pot de peinture, la cartographie prend la forme de craquelures. La lecture de deux ouvrages sur le travail du peintre Fernand Leduc est à l’origine de la série Un plein un vide, 2001, où Savard superpose les qualités picturales décrites aux formes des peintures de Leduc. Le titre Les Couleurs de Cézanne dans les mots de Rilke, 36/100 – Essai, 1998, renvoie aux lettres écrites par le poète Rilke à sa femme, à propos de la peinture de Cézanne. Fascinée par la richesse du vocabulaire du poète, Savard imagine ce que peut être « du blanc comme couleur » ou « un jaune d’un vert terreux ». Une décennie plus tard, l’artiste s’attaque à un autre monument de l’art moderne, l’œuvre Tu m’, de 1918, de Marcel Duchamp qu’il considérait lui-même comme la synthèse de ses préoccupations antérieures. Et c’est ce legs qui a inspiré à Savard la création de son œuvre la plus ambitieuse réalisée à ce jour Tu m’, un dernier tableau de 2009, une spectaculaire transposition de la célèbre charte de couleurs dans l’espace réel : une courbe de sept mètres de long qui flotte dans l’espace, opérant un passage de la deuxième à la troisième dimension. Ce « dernier tableau » questionne à la fois le caractère illusoire de l’espace perspectiviste bidimensionnel et le débat sur la fin de la peinture. L’œuvre clôt et résume de manière magistrale le bilan d’une artiste en mi-carrière qui nous entraîne dans des déambulations au cœur même de la peinture.
Francine Savard fait partie d’une génération de peintres québécois, comme Guy Pellerin, Monique Régimbald-Zeiber et Stéphane La Rue, qui explorent le vocabulaire formel de la peinture abstraite et questionnent les frontières entre abstraction et figuration, entre peinture et sculpture et, pour Savard, entre art et langage.
Née en 1954, Francine Savard poursuit, à la fin des années 1970, des études en design graphique à l’Université du Québec à Montréal et au Royal College of Art de Londres, avant de se tourner vers les arts visuels, obtenant en 1994 une maîtrise en arts plastiques de l’Université du Québec à Montréal. Ses premières expositions individuelles attirent l’attention de la critique, notamment La chambre à peinture à la Galerie B-312 Émergence en 1997, « Muséumification » au Montréal Télégraphe en 2001, Un plein un vide à la Galerie René Blouin en 2002, Vol d’un carré de toile chez Blouin et Sable Castelli Gallery à Toronto en 2004 et Suite à la Diaz Contemporary, à Toronto en 2008. Parmi les expositions collectives mentionnons Le mensonge de la couleur au Montréal Télégraphe et l’événement Peinture Peinture en 1998, Lines Painted in Early Spring, de la Southern Alberta Art Gallery de Lethbridge en 2003 et De l’écriture : Œuvres choisies de la Collection du Musée d’art contemporain de Montréal en 2006 qui ont toutes deux circulé un peu partout au Québec et au Canada. La présente exposition est la première à caractère rétrospectif à lui être consacrée. Francine Savard vit et travaille à Montréal où elle mène de front sa double carrière d’artiste et de graphiste, à l’image de sa double formation. Commissariat et itinérance Lesley Johnstone, conservatrice au Musée est la commissaire de l’exposition. Les œuvres proviennent des collections du Musée national des beaux-arts du Québec, du Musée des beaux-arts du Canada et du Musée d’art contemporain de Montréal. Une exposition itinérante sera mise en circulation par le MAC à compter d’avril 2010, après la présentation à Montréal.
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