Montréal, le 29 août 2006. Après avoir présenté Anselm Kiefer, véritable monument de l’art allemand des années 1980, le Musée consacre cette fois une exposition à une figure emblématique de la nouvelle peinture allemande. Le Musée d’art contemporain présente en première canadienne Neo Rauch du 14 septembre 2006 au 7 janvier 2007. L’exposition rassemble un corpus de 8 toiles réalisées entre 2002 et 2005.
Recherché par les collectionneurs et par les institutions muséales du monde entier, mais méconnu du grand public, Neo Rauch est le plus remarqué et le plus influent des diplômés de l’Académie de Leipzig. Cette dernière est célèbre pour avoir été, avant la réunification allemande, le haut lieu d’une peinture vouée au réalisme social. On en retrouve d’ailleurs des traces dans l’œuvre de Rauch, une peinture figurative où l’insolite et l’onirisme le disputent à la réflexion, à l’introspection et à la rêverie. L’étrangeté de ses œuvres tient à la combinaison inattendue d’éléments iconographiques et plastiques provenant de différents univers : celui de la bande dessinée, de la publicité et du cinéma, celui de l’architecture et du design, de la culture allemande, de l’histoire de l’art et de l’histoire en général. « Dès le premier regard, écrit le conservateur Réal Lussier, la peinture de Neo Rauch peut difficilement nous laisser indifférents. Tant la nature des sujets que le traitement de l’espace, les ruptures d’échelles que l’incongruité de certains motifs nous interpellent immédiatement et nous déstabilisent. »
Ainsi dans Lösung (Solution), 2005, la toile pose davantage d’énigmes qu’elle n’en résout. La toile amalgame plusieurs grands genres de la peinture : scène de genre, tableau historique, paysage et portrait. Quatre duos s’offrent à nous dans des scènes ambiguës. À travers la fenêtre d’une habitation un homme et une femme se débattent ou s’enlacent… Un soldat en tenue napoléonienne tient en joue un prisonnier en short et T-shirt tandis qu’un jeune homme, vêtu pareillement, marche les bras dans le dos (ou sont-ils attachés?). Près de lui, la figure d’un patriarche (un Laocoon des temps modernes) tient à bout de bras un lombric phylactère où sont écrites les lettres Lösung (Solution), titre du tableau. Est-ce un même récit, en plusieurs séquences ? Nous sommes en pleine confusion : de temps, d’espace, de références. Comme dans un roman de Kafka ou comme dans un rêve.
Comme l’exprime si bien le conservateur Réal Lussier, « Et si les écrits de Kafka reflétaient en quelque sorte les sentiments de la société du début du XXe siècle, ne peut-on pas penser que les tableaux de Rauch sont symptomatiques de l’esprit qui règne en ce début de XXIe siècle? »
Catalogue
Un catalogue de 52 pages accompagnera l’exposition. Il comprend des textes du conservateur de l’exposition Réal Lussier et de l’historien de l’art Patrice Loubier, une biobibliographie ainsi que des reproductions des œuvres. Le catalogue est en vente au prix de 19,95 $ à la librairie Olivieri du Musée et chez votre libraire.
Conférence
Dans le cadre de l’exposition, Robert Fleck, directeur de la Deichtorhalle de Hambourg présentera une conférence intitulée Neo Rauch et la nouvelle école de peinture de Leipzig, le mercredi 4 octobre à 18 h. Robert Fleck est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’art moderne et contemporain, dont Marie Raymond, Yves Klein (2005) ; Y aura-t-il un deuxième siècle de l’art moderne? (2001) et État des lieux (1996). L’événement est présenté en collaboration avec le Goethe-Institut.
Le Musée d’art contemporain est une société d’État subventionnée par le ministère de la Culture et des Communications du Québec et bénéficie de la participation financière du ministère du Patrimoine canadien et du Conseil des Arts du Canada et de l’agence de publicité Lichen.
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